Recommandations Delfraissy Delfraissy J.-F. (dir.), (2002), « Chapitre 23 : Migrants/Étrangers et VIH », Rapport : Prise en charge des personnes infectées par le VIH, Recommandations du groupe d’experts, Médecine et Sciences, Flammarion

samedi 26 décembre 2009

Ce résumé présente les points liés à l’épidémiologie et à la prévention du chapitre 23 du rapport Delfraissy consacré aux migrants. Les autres points (accès aux soins, prise en charge médicale, accès au droit) et les recommandations ne sont pas résumés.

L’augmentation du nombre des cas d’infection par le VIH ces dernières années chez les migrants/étrangers concerne majoritairement des personnes originaires d’Afrique centrale ou de l’ouest (concentrés en Ile-de-France) et d’Amérique (concentrés dans les DFA). Elle est plus sensible chez les femmes. Parallèlement, l’accès aux soins semble plus tardif dans cette population (nette surreprésentation des étrangers parmi les patients découvrant leur séropositivité au stade sida), particulièrement chez les hommes. À l’avenir, des études épidémiologiques spécifiques sur les patients étrangers en Ile-de-France et dans les DFA doivent être régulièrement conduites pour mieux suivre l’évolution de la séroprévalence du VIH dans ces populations. La prise en compte des « spécificités » des migrants/étrangers face au VIH-SIDA doit se faire dans le cadre du droit commun et non pas en marge. Ces spécificités sont souvent liées au statut administratif d’étranger de ces patients (entraînant une véritable discrimination dans l’accès aux droits sociaux, aux soins et au logement), mais également parfois à une barrière linguistique. En matière de prévention, il s’agit de prendre en compte des contextes de vie diversifiés, sans remettre en question ce que la maladie, la souffrance et/ou la mort ont d’universel dans la mise à l’épreuve du corps individuel et du corps social. Les contributions du monde associatif et les expériences de médiation en santé publique apportent de ce point de vue d’importantes ouvertures. Du point de vue du suivi médical, il faut prendre le temps de s’assurer d’une parfaite compréhension des enjeux et des modalités du traitement antirétroviral (pas de prescription dès la première consultation, prise en compte des contraintes sociales, fréquence du suivi adaptée au patient). Une préparation avec les patients des séjours dans leur pays d’origine est indispensable. Il faut anticiper les ruptures prévisibles de traitement, insister sur la prévention au sein du couple ou hors couple et assurer le lien avec les équipes médicales référentes sur place. Enfin, il faut prendre en compte certaines particularités du vécu de la maladie : retentissement sur le projet migratoire, sur le groupe social, sur le milieu familial, sentiment de culpabilité vis-à-vis des proches malades restés au pays (partage des médicaments), recours parallèle aux médecines traditionnelles. En matière d’accès aux droits et aux soins, des recommandations pratiques immédiatement accessibles et des changements de fond au plan légal et réglementaire paraissent essentiels à mettre en oeuvre pour une meilleure prise en charge des migrants/étrangers vivant avec le VIH.